Bienvenue chez eTurboNews | ETN   Cliquez pour écouter le texte en surbrillance! Bienvenue chez eTurboNews | ETN

Nouvelles de l'industrie des croisières eTN Dernières nouvelles du voyage Actualités voyages en vedette Actualités Actualités de l'industrie du voyage aux États-Unis

Champagne, choc et une note d'une étoile : le Blanc de Blanc dégusté sur le Carnival Encounter divise les croisiéristes.

Débouchée

Blanc de Blanc Débouché, mis en scène à bord des navires de Carnival Cruise Line Rencontre de CarnavalCe spectacle, présenté comme un cabaret réservé aux adultes, mêle acrobaties, humour, burlesque et musique live pour une expérience nocturne placée sous le signe du champagne. Joué au Black Circus Theatre du navire, il se positionne comme une alternative haut de gamme et payante aux divertissements traditionnels des croisières, avec places VIP et forfaits boissons. Son existence reflète une tendance plus large du secteur : celle des spectacles de soirée exclusifs et rentables, destinés à attirer les couples et les jeunes voyageurs en quête d’une ambiance plus « à la Las Vegas » en mer. Cependant, l’ambition seule ne garantit pas la qualité artistique.

Blanc de Blanc Débouché À bord du Carnival Encounter, un spectacle de cabaret réservé aux adultes mêle acrobaties, humour, burlesque et musique live pour une expérience nocturne placée sous le signe du champagne. Présenté au Black Circus Theatre du navire, il se distingue des spectacles de croisière traditionnels par une ambiance plus osée et immersive. Figurant parmi les rares divertissements payants à bord, il propose souvent des places VIP avec boissons incluses.

Le Rencontre de CarnavalLe Blanc de Blanc, qui fait partie de l'expansion de Carnival Cruise Line sur le marché australien, propose un mélange d'attractions familiales et de spectacles de soirée haut de gamme conçus pour séduire les couples et les jeunes voyageurs. Le maintien du Blanc de Blanc dans sa programmation reflète une tendance plus générale du secteur des croisières vers des expériences plus luxueuses et génératrices de revenus, plus proches d'un théâtre intimiste ou des spectacles de Las Vegas.

J'ai passé une grande partie de ma vie professionnelle au contact d'œuvres d'art ratées. J'ai subi l'incompétence, la vulgarité, la prétention et l'ennui. L'échec en lui-même ne m'a jamais troublé. L'indifférence, si. Qu'est-ce qui distingue un « événement payant » ? Blanc de Blanc Débouché, mis en scène à bord du navire australien de Carnival Rencontre de CarnavalCe n'est pas tant qu'il rate sa cible, mais plutôt qu'il semble totalement indifférent à tout ce qui mérite d'être touché. Il ne s'agit pas d'une expérience ratée, mais d'une production qui a complètement abandonné toute ambition. Commercialisé comme un cabaret à champagne, Il s'agit plutôt d'un exercice soutenu de dégradation, non seulement du métier, mais aussi du public et de l'idée que la performance doit aux spectateurs autre chose que la soumission.

Historiquement, le cabaret a su allier danger et intelligence. Même à son apogée décadente, dans le Berlin de Weimar, il s'appuyait sur l'esprit, l'ironie, la musicalité et une conscience aiguë du pouvoir. Cette production est dépourvue de toutes ces qualités. Elle substitue la proximité à la séduction, le volume à l'esprit et la vulgarité à l'inventivité. Le spectacle ne flirte pas avec le public ; il le prend au piège. Il revient obsessionnellement au même vocabulaire maigre de corps enlacés, de sexe simulé et d'exhibitionnisme grossier, comme si la répétition seule pouvait finir par passer pour de l'audace. Il n'en est rien. Le Berlin de Weimar était un terreau fertile pour les intellectuels, les artistes et les innovateurs. Blanc de Blanc Débouché trahit même la prétention à l'intelligence.

Les prétentions musicales s'effondrent sous un simple coup d'œil. Le « talent » musical du MC se résumait à se frapper le pénis contre un micro en rythme sur « Rien de Rien ». C'est bel et bien « rien », je vous l'assure. Près de la scène, il devient évident qu'une grande partie du chant est mimée sur des pistes préenregistrées. Les gestes prétendument musicaux abandonnent tout son au profit de l'exhibitionnisme. Le rythme est invoqué comme une plaisanterie, puis abandonné. Ce qui reste, ce n'est pas une performance, mais une obstination. Regardez ça. Regardez encore. Regardez de plus près. Que la production prenne cette exigence pour de l'art est l'un de ses échecs les plus révélateurs. Carnival, pas étonnant que vous ayez des problèmes d'image.

Le dégoût est la principale monnaie d'échange du spectacle, dépensé sans retenue et sans réflexion. Une séquence mime le vomissement et la réingestion de ces matières corporelles, ponctuée par la réplique du protagoniste reconnaissant sa propre répugnance : « C'est putain de dégoûtant », dit-il, comme si la conscience de soi la rachetait. Une autre mime la violence envers un nourrisson, traitant la vulnérabilité elle-même comme un accessoire jetable. Ces moments ne sont ni satiriques, ni critiques. Ils ne sont encadrés par aucun argument esthétique ou moral discernable. Ils n'existent que pour provoquer la répulsion, puis disparaître, sans avoir rien accompli d'autre que cette brève et vaine réaction. Le dégoût sans signification n'est pas une transgression. « C'est putain de dégoûtant » devrait être le titre du spectacle.

Plus pernicieux encore est le mépris de la production pour le consentement. La participation du public n'est ni ludique ni facultative. Les spectateurs sont choisis, positionnés physiquement et intégrés à des actes sexuels simulés, leur présence transformée en spectacle. L'argument implicite est qu'une mention « 18+ » abolit toutes les limites. Ce n'est pas le cas. Les adultes peuvent consentir à un langage explicite ou à la nudité sans pour autant consentir à être absorbés par des tableaux sexuels ou à assister à des situations compromettantes pour le divertissement collectif. Il ne s'agit pas d'une complicité librement consentie, mais de pression déguisée en jeu. Caligula pensait qu'humilier autrui était un divertissement. Pas moi.

La soirée a été gâchée par un dysfonctionnement institutionnel révélant le manque de soin apporté à la production dans son ensemble. Atteint de dystrophie musculaire et utilisant un fauteuil roulant, j'avais été placé par le personnel dans un emplacement accessible, plat et réservé, près de l'avant de la salle. Après le début du spectacle, on m'a informé que cet espace était nécessaire pour deux brèves interventions scéniques, ne durant que quelques secondes chacune, et on m'a demandé de me déplacer au fond de la salle. Lorsque j'ai protesté, faisant remarquer que l'aménagement avait été prévu par le personnel et que le problème aurait pu être réglé 45 minutes avant que la salle ne soit pleine, la réaction a empiré au lieu de s'apaiser. L'insinuation que je pouvais être expulsé de la salle pour ne pas avoir réussi à « me calmer », dans un environnement trop bruyant pour converser normalement, a transformé une erreur d'organisation en un abus de pouvoir. J'ai finalement dû me déplacer sous la pression vers une place côté allée où je me sentais physiquement dangereux compte tenu de ma mobilité réduite. À cet instant, toute fascination pour le spectacle s'est évanouie.

Il ne s'agit pas d'une question de goût, mais de normes. Le divertissement pour les plus de 18 ans ne saurait se soustraire à l'éthique, et le spectacle n'excuse en rien le mépris. Servir du champagne à des tables VIP tout en infligeant ce qui s'apparente à une longue séance d'humiliation n'est pas de la décadence, mais du cynisme. Présenter cela comme une forme de sophistication n'est pas de la subversion, mais de la mauvaise foi culturelle. Comme Shakespeare nous l'a rappelé il y a bien longtemps… Le Marchand de Venise « Tout ce qui brille n’est pas or », un rappel que les paillettes en surface masquent bien souvent le vide qui se cache en dessous.

Organisateur Ce que Blanc de Blanc Débouché En fin de compte, ce qui est révélé, ce n'est ni la liberté, ni la libération, ni même l'hédonisme, mais le vide. Il n'a rien à dire, rien à montrer au-delà de l'évidence. Et rien à offrir en échange des exigences qu'elle impose à son public. Elle confond escalade et courage, dégradation et profondeur. Le résultat n'est ni scandaleux, ni même particulièrement choquant. Il est sordide, ennuyeux et dénué de joie.

L'art peut choquer de bien des façons tout en restant pertinent — un exemple parmi d'autres : Édouard Manet Olympia (1863). Celui-ci n'en fait pas partie. Blanc de Blanc Débouché Elle ne remet pas en cause les normes ; elle se dérobe à toute responsabilité. Elle ne suscite pas la réflexion. Elle provoque le rejet. Et ce faisant, elle mérite le jugement le plus sévère qu'un critique puisse prononcer : elle ne mérite ni d'être défendue, ni débattue, ni même supportée. Elle n'appartient ni à la lignée de William Shakespeare, ni à celle de Manet, ni même à celle des œuvres jadis interdites. UlyssesC'est tout simplement de la camelote, parée d'un glamour emprunté, et indigne de la scène qu'elle occupe. Gardez votre argent, dépensez-le ailleurs.

A propos de l'auteure

Dr Anton Anderssen - spécial pour eTN

Je suis anthropologue du droit. J'ai un doctorat en droit et un diplôme d'études supérieures post-doctorales en anthropologie culturelle.

Laisser un commentaire

Cliquez pour écouter le texte en surbrillance!