Havana —Passer des vacances à Cuba est toujours une expérience formidable, car elle va bien au-delà d'infrastructures parfaites ou d'un luxe raffiné. Les journées s'écoulent au rythme de la musique, des conversations spontanées dans la rue, d'une architecture colorée et de plages qui comptent parmi les plus belles des Caraïbes. Malgré les difficultés, l'énergie, le rythme et la chaleur du quotidien créent une atmosphère unique, joyeuse et inoubliable.
L'état du tourisme à Cuba
Le secteur touristique cubain est de nouveau sous pression, pris en étau entre l'aggravation des pénuries de carburant, les coupures de courant récurrentes et l'intensification des efforts américains pour restreindre les approvisionnements pétroliers de l'île. Cette situation critique survient à un moment critique pour un secteur qui ne s'est pas encore remis de l'effondrement provoqué par la pandémie et qui demeure l'une des principales sources de devises étrangères pour Cuba.
Les hôtels, les compagnies aériennes et les voyagistes signalent une baisse du nombre d'arrivées par rapport aux années précédant 2019, tandis que les coupures de courant et la pénurie de carburant affectent de plus en plus les transports, la réfrigération, les communications et les services essentiels dont dépend le tourisme. Bien que les autorités aient longtemps accordé la priorité aux zones touristiques, l'ampleur de la crise énergétique actuelle rend plus difficile la protection totale des visiteurs contre les perturbations, même dans des destinations établies comme… Varadero.
Pression pétrolière et ligne de vie fragile

Au cœur de la situation actuelle se trouve une pression accrue des États-Unis visant à dissuader les pays tiers de fournir du pétrole à Cuba. Sans constituer un blocus à proprement parler, cette politique cherche à accroître le coût politique et économique pour les fournisseurs potentiels, réduisant ainsi considérablement les ressources disponibles pour la production d'électricité et les transports.
Le Mexique a joué un rôle crucial de contrepoids partiel, en fournissant du carburant qui a permis à Cuba d'éviter le pire, comme la fermeture des aéroports ou un effondrement prolongé du réseau électrique national. Pour les visiteurs, cette aide a permis aux grands complexes hôteliers, aux vols internationaux et aux transports touristiques essentiels de continuer à fonctionner en grande partie. Cependant, ce soutien demeure politiquement fragile, et même de brèves interruptions ont rapidement des répercussions sur l'économie, aggravant le rationnement de l'électricité et limitant la mobilité.
Une épreuve de résilience bien connue
La capacité de Cuba à surmonter les épreuves s'appuie sur l'expérience. Le traumatisme économique de la « Période spéciale » des années 1990, suite à l'effondrement du soutien soviétique, a profondément modifié les stratégies de survie du pays et placé le tourisme au cœur de sa relance économique. La rareté, l'improvisation et le rationnement ne sont pas des phénomènes nouveaux pour l'île. Cette histoire montre que Cuba peut s'adapter à nouveau, mais aussi que la résilience s'accompagne souvent d'une baisse des services, de davantage de désagréments et d'une plus grande dépendance aux générateurs et aux solutions de fortune.
Le tourisme, une bouée de sauvetage pour les Cubains ordinaires
Surtout, la crise du tourisme n'est pas seulement un problème économique national ; elle a des répercussions profondément personnelles pour des millions de Cubains. Les salaires de l'État étant insuffisants pour couvrir les besoins essentiels, le tourisme est devenu l'un des rares moyens pour la population de gagner des devises étrangères. Les dépenses des visiteurs profitent directement aux locations de chambres d'hôtes, aux restaurants familiaux, aux taxis, aux visites guidées, aux concerts et aux petits commerces informels. Ces revenus permettent souvent de faire vivre les familles élargies, en leur permettant d'acheter de la nourriture, des médicaments et des produits de première nécessité autrement difficiles à se procurer.
En ce sens, le tourisme ne profite pas seulement à l'État. Il soutient un vaste écosystème de moyens de subsistance et une certaine autonomie économique pour les citoyens. Chaque réservation annulée ou chambre d'hôtel vide se répercute non seulement sur les recettes officielles, mais aussi sur le budget des ménages à travers l'île. Même en période de coupures d'électricité et de pénuries, de nombreux Cubains continuent de considérer les visiteurs non pas comme des étrangers, mais comme un élément essentiel à leur survie quotidienne.
La pression peut-elle être maintenue ?
La possibilité de maintenir la stratégie américaine actuelle à pleine intensité reste une question ouverte. Le maintien d'une pression soutenue dépend de son application, de la coopération internationale et de la volonté des pays fournisseurs d'en absorber les répercussions diplomatiques et économiques. L'histoire montre que si les campagnes de pression peuvent durer des années, elles évoluent souvent, rencontrent des solutions de contournement ou soulèvent des problèmes humanitaires qui compliquent leur poursuite.
Est-il encore sûr et agréable de s'y rendre ?
Du point de vue de la sécurité, Cuba demeure relativement sûre comparée à de nombreuses destinations de la région, avec un faible taux de criminalité violente à l'encontre des touristes. Les principaux risques sont d'ordre pratique plutôt que matériel : longues coupures de courant, retards de transport liés au carburant, fiabilité aléatoire d'Internet et des paiements par carte, et pénuries ponctuelles de produits de première nécessité.
Pour les voyageurs prêts à accepter l'imprévisibilité, l'expérience peut encore être enrichissante. Le rythme de la vie cubaine – la musique dans les rues, les conversations sur les pas de porte, les voitures classiques qui sillonnent le Malecón – persiste malgré les difficultés. L'atmosphère cubaine est moins lisse qu'auparavant, mais de nombreux visiteurs affirment qu'elle reste authentique, humaine et captivante. Pour ceux qui recherchent un luxe sans effort, reporter son voyage est peut-être judicieux ; pour ceux qui sont en quête de culture, de rencontres et d'ouverture d'esprit, Cuba continue d'offrir un voyage stimulant, riche de sens et – malgré tout – toujours aussi vivant.



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