Mahé, Seychelles – Le gouvernement des Seychelles, en collaboration avec la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), a officiellement présenté les principales conclusions et l’orientation stratégique de la Stratégie du tourisme de croisière des Seychelles (2026-2033), marquant ainsi la conclusion d’un processus analytique et consultatif complet de deux ans.
Cette étape importante fait suite à un exercice de validation auprès des parties prenantes, qui a abouti à un atelier dédié organisé à l'hôtel Savoy de Mahé. Cet atelier, mené en partenariat avec la CEA, a été suivi d'une présentation de haut niveau et de la remise officielle du document stratégique final aux autorités gouvernementales.
L'événement a réuni de hauts fonctionnaires, dont la ministre du Tourisme et de la Culture, Amanda Bernstein ; la ministre des Collectivités locales et des Îles intérieures, Eveline Rose ; la secrétaire principale au Tourisme, Sherin Francis ; le secrétaire principal à l'Énergie et au Changement climatique, Tony Imaduwa ; la secrétaire principale à la Culture, Cecile Kalebi ; le secrétaire principal à l'Investissement, Michael Nalletamby ; le secrétaire principal à l'Aviation civile, aux Ports et à la Marine, David Bianchi ; et la secrétaire principale à l'Économie bleue, Véronique Nibourette.
Les deux sessions ont été dirigées par le Bureau sous-régional de la CEA pour l'Afrique de l'Est (SRO-EA), avec la participation de Geoffrey Manyara, Rosemary Bagiza et Rayviscic Ndivo.
Stratégie fondée sur des données probantes pour une croissance durable
La stratégie nouvellement validée repose sur une analyse coûts-avantages détaillée et sur de vastes consultations menées auprès des parties prenantes depuis 2024. Les conclusions indiquent que si le tourisme de croisière procure des avantages économiques substantiels — tels que la création d'emplois, les recettes en devises étrangères et les opportunités pour les petites et moyennes entreprises — il présente également des défis environnementaux et sociaux.
Les principales préoccupations identifiées comprennent la pression exercée sur les écosystèmes marins, la mise à rude épreuve des infrastructures et les répercussions sur le bien-être des communautés en raison du nombre élevé de visiteurs.
Malgré ces difficultés, l'analyse confirme que le secteur des croisières contribue positivement à l'économie des Seychelles. Elle souligne toutefois que seule une part limitée des dépenses des croisiéristes est réinvestie dans l'économie locale, ce qui représente une importante perte de revenus.
Priorités stratégiques et cadre d'investissement
Pour combler ces lacunes, la stratégie définit une feuille de route visant à positionner les Seychelles comme une destination de croisière durable et haut de gamme. Les principales priorités sont les suivantes :
- Modernisation des infrastructures portuaires
- Renforcement des mesures de protection de l'environnement
- Amélioration des systèmes de données pour une meilleure planification et un meilleur suivi
- Accroître la participation des entreprises locales à la chaîne de valeur des croisières
La stratégie propose également un cadre de gouvernance à plusieurs niveaux afin d'améliorer la coordination entre les parties prenantes. Sa mise en œuvre devrait nécessiter un investissement de 2.32 milliards de couronnes saoudiennes, financé par une approche mixte combinant fonds publics, partenariats public-privé, soutien des partenaires au développement et contributions de l'industrie.
Équilibrer croissance et durabilité
Lors de son intervention, la secrétaire principale au Tourisme, Sherin Francis, a souligné l'importance d'une approche équilibrée :
« Ces deux dernières années, nous avons examiné de près le secteur des croisières afin d'en comprendre pleinement les avantages et les inconvénients. Cette analyse a révélé que, si le secteur contribue déjà de manière significative à notre économie, il engendre également des impacts environnementaux et sociaux réels qu'il convient de prendre en compte. »
Le message clé est que les Seychelles ont encore plus à gagner si nous nous organisons mieux, en renforçant la réglementation, en améliorant la coordination et en veillant à ce qu'une plus grande partie de la valeur créée soit conservée au sein de notre économie et partagée avec nos communautés.
La validation étant terminée, la stratégie de tourisme de croisière des Seychelles (2026-2033) guidera désormais la prochaine phase de développement et de mise en œuvre du secteur du tourisme de croisière du pays, en alignant la croissance sur les priorités nationales en matière de durabilité.



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