L'aviation mondiale est unie derrière les principes de coopération, de transparence et d'équité qui sous-tendent le cadre de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI).
Pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, il est indispensable d’adopter des solutions globales aux défis mondiaux, et non des mesures fragmentées ou des régimes concurrents. Ensemble, nous réaffirmons notre responsabilité commune de faire progresser l’action climatique par le biais de l’OACI, de renforcer le CORSIA et de veiller à ce que l’aviation internationale continue de relier le monde de manière plus durable et équitable.
Le rôle de chef de file de l'OACI dans la réglementation des émissions de l'aviation internationale
Nous réaffirmons notre engagement commun à atteindre la neutralité carbone pour l’aviation internationale d’ici à 2050, conformément à l’objectif ambitieux à long terme fixé collectivement par les États sous l’égide de l’OACI.
En tant qu'agence spécialisée des Nations Unies pour l'aviation civile internationale, l'OACI est et doit rester le forum mondial exclusif pour traiter des questions environnementales liées au transport aérien international.
Depuis 1997, l'autorité de l'OACI est reconnue dans le cadre juridique de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), consacrée par le Protocole de Kyoto. Toutes les discussions, actions et décisions de l'OACI relatives aux émissions du transport aérien international sont élaborées par consensus et guidées par le principe de non-discrimination à l'égard des États et des exploitants d'aéronefs.
Des mesures fragmentées ou unilatérales visant à réduire l’impact environnemental de l’aviation risquent de compromettre l’autorité de l’OACI et les efforts coordonnés déployés pour atteindre la neutralité carbone. Nous insistons donc sur la nécessité de préserver le rôle central de l’OACI et d’éviter la duplication des mécanismes au sein des différents processus et instances internationaux.
CORSIA contribue à la mise en place d'un marché mondial du carbone liquide, transparent et équitable.
Nous reconnaissons que la mise en place d'un marché mondial du carbone, transparent et liquide, constitue un pilier essentiel du développement du financement climatique. Un tel marché peut améliorer l'efficacité des mesures d'atténuation, mobiliser les investissements publics et privés en faveur d'un développement sobre en carbone et instaurer la confiance grâce à des cadres de suivi, de notification et de vérification rigoureux. En garantissant l'intégrité environnementale, en évitant le double comptage et en favorisant la participation de toutes les parties prenantes, un marché international du carbone efficace peut acheminer des ressources financières indispensables aux pays en développement, soutenir des transitions justes et promouvoir l'innovation dans les technologies durables.
Approuvé par les 193 États membres de l’OACI en 2016, le système de compensation et de réduction des émissions de carbone pour l’aviation internationale (CORSIA) est une mesure essentielle pour atteindre l’objectif de zéro émission nette de carbone dans l’aviation internationale.1 Nous sommes attachés à la transparence, à la collaboration et à la mise en place du mécanisme de conformité crédible à l’échelle mondiale, auquel sont en droit de s’attendre tant l’industrie du transport aérien que le public.
CORSIA devrait couvrir au moins 85 % des émissions de l’aviation internationale d’ici 2027 et générer plus de 120 milliards de dollars de financement climatique entre 2024 et 2035.2 Ces fonds soutiendront directement des projets de réduction des émissions de haute qualité et vérifiés de manière indépendante — en particulier dans les pays en développement — faisant ainsi progresser les objectifs de l’Accord de Paris et promouvant le développement durable, le transfert de technologie et la création d’emplois.
CORSIA n'est pas un simple mécanisme de conformité ; c'est un vecteur d'autonomisation économique mondiale et durable. Il permet aux États en développement d'accéder aux marchés internationaux du carbone et de bénéficier de perspectives d'investissement plus larges, qu'aucun système de taxation unilatéral ne saurait égaler.
Les décisions adoptées lors de la COP29 concernant la mise en œuvre de l'article 6.2 de l'Accord de Paris constituent un cadre institutionnel solide pour la mise en œuvre du CORSIA. Les pays hôtes disposent désormais de directives opérationnelles pour délivrer des lettres d'autorisation et appliquer les ajustements nécessaires à l'émission d'unités d'émission éligibles au CORSIA.
Toutefois, la mise en œuvre nationale s’effectue à un rythme inégal : seul le Guyana a délivré avec succès une lettre d’autorisation (LA) pour la conformité au CORSIA et a procédé aux ajustements nécessaires. Nous appelons tous les pays hôtes à rendre opérationnel d’urgence l’article 6, à délivrer les LA et à permettre le déblocage des unités d’efficacité énergétique (UEE) afin d’exploiter pleinement le potentiel du CORSIA pour mobiliser les financements internationaux destinés à la lutte contre le changement climatique.
Plus précisément, nous exhortons les États à :
- Harmoniser les processus de l'OACI et de la CCNUCC afin de garantir la transparence, d'éviter les doubles comptages et de préserver l'intégrité environnementale.
• Mettre en place ou renforcer les structures nationales chargées d’émettre des lettres d’autorisation et de procéder aux ajustements correspondants.
• Solliciter une assistance à la mise en œuvre afin d’accélérer la conformité à l’article 6.
• Prioriser ces actions en tant que mesures climatiques immédiates, sachant que les unités d’émission CORSIA pourraient représenter les deux tiers de tous les crédits transférés en vertu de l’article 6.2 de l’Accord de Paris.
Les taxes et les prélèvements ne sont pas des solutions climatiques.
Nous tenons à préciser que les taxes et prélèvements – notamment les taxes sur les billets d’avion, y compris celles proposées par des coalitions émergentes comme le Groupe de travail sur la taxe de solidarité mondiale (GSLTF) – ne constituent pas des instruments climatiques. Leur objectif principal est la génération de recettes, et non la réduction des émissions. De telles mesures risquent de freiner la demande, de restreindre la connectivité et de pénaliser de manière disproportionnée les économies en développement et les petits États insulaires qui dépendent du transport aérien pour leur économie.
Conformément aux politiques de l'OACI en matière de fiscalité dans le domaine du transport aérien (Doc 8632), les États sont invités à éviter toute taxation discriminatoire ou redondante de l'utilisation de l'aviation internationale. L'expérience montre que de telles mesures entravent la croissance sans apporter de réels bénéfices climatiques.
Un appel unifié à l'action mondiale
Alors que la communauté internationale se réunit à la COP30, nous appelons tous les États, organisations et institutions de développement à :
- Réaffirmer le rôle de chef de file de l'OACI en tant qu'autorité mondiale unique en matière de politique aéronautique et climatique.
- Soutenir la pleine mise en œuvre du CORSIA en tant que mécanisme exclusif de marché mondial pour l'aviation internationale, y compris au sein de l'Union européenne. • Accélérer la mise en œuvre de l'article 6 afin de mobiliser des financements climatiques pour les économies en développement.
- Évitez les mesures fragmentées ou redondantes qui reproduisent le travail de l'OACI ou qui nuisent à la cohérence des politiques internationales.
- Travailler en collaboration pour favoriser l'innovation et maintenir la connectivité mondiale dans le cadre d'une transition juste et inclusive.



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