Difficile à croire, mais vrai : un quart du XXIe siècle est déjà passé.
Pour ceux qui ont grandi avec 2001: A Space Odyssey or Jonas, qui aura 25 ans en l'an 2000Ce siècle était censé être l'ère de l'optimisme technologique et du progrès sans limites. Une grande partie de la technologie est désormais une réalité. Mais les mentalités, elles, n'ont pas encore évolué. Dans toutes les sociétés, tous les systèmes politiques et toutes les économies, l'avenir ressemble moins à une utopie qu'à une période d'incertitude prolongée.
La catastrophe climatique, autrefois absente des prévisions, est désormais une réalité vécue. Même la démocratie parlementaire apparaît de plus en plus comme un système transitoire, stable uniquement tant que la prospérité se développe et que la redistribution reste indolore.
Nulle part ailleurs cette tension n'est plus visible qu'en Chine.
Le tourisme émetteur chinois : une ascension historique, puis un plateau
Du point de vue du tourisme, les 25 premières années du siècle en Chine ont été exceptionnelles. Les voyages à l'étranger ont connu une croissance fulgurante. 12 millions en 2001 à 170 millions en 2019, brièvement interrompue par la pandémie avant de rebondir à environ 135 millions de déplacements en 2025, selon COTRI Intelligence.
La Chine n'a pas seulement rejoint le tourisme mondial ; elle l'a profondément transformé. Des destinations comme Paris, Phuket, Dubaï et Durban ont repensé leurs stratégies, leurs infrastructures et leur marketing pour s'adapter aux voyageurs chinois. Ce qui relevait autrefois du rêve est devenu une pratique courante, notamment pour la génération Z, citadine et aisée.
Pourtant, cet élan s'est clairement ralenti.
Les prévisions qui tablaient sur un retour intégral aux volumes d'exportations de 2019 d'ici 2025 se sont révélées trop optimistes. Plus important encore, niveaux de dépenses—et pas seulement le nombre de déplacements — demeure structurellement plus faible. Les indicateurs actuels suggèrent que Ni les arrivées ni les dépenses totales à l'étranger ne retrouveront leurs niveaux d'avant la pandémie en 2026., ce qui marque un changement plus fondamental que ce que de nombreux responsables marketing de destinations avaient anticipé.
Six voyages, une humeur constante
J'ai visité la Chine continentale et Hong Kong à six reprises en 2025. Depuis Katmandou, Chengdu est à trois heures de vol et Guangzhou à quatre. Paradoxalement, un vol intérieur de Chengdu à Altay, dans le Xinjiang, est plus long.
Dans toutes les régions, les impressions étaient étonnamment similaires.
La construction d'infrastructures se poursuit à grande échelle : autoroutes, lignes ferroviaires à grande vitesse, ponts et aéroports s'étendent sans relâche. Pourtant, le pays est également parsemé de Complexes d'appartements inachevés, monuments silencieux à une confiance en berne.
La vie quotidienne est de plus en plus numérique et technologiquement avancée, mais Le climat économique est défensif.Les consommateurs évitent les risques. Les magasins sont calmes. Les vélos de livraison dominent les rues de la ville, souvent conduits par des diplômés universitaires qui ne trouvent pas d'emploi correspondant à leur formation.
Sur le plan démographique, les conversations sont encore plus préoccupantes. Presque toutes les jeunes femmes avec lesquelles j'ai discuté cette année n'ont exprimé aucune intention de se marier ni de fonder une famille – une attitude qui aura des conséquences profondes et durables sur la population active, la consommation et le potentiel touristique de la Chine.
Tourisme émetteur : changements structurels que les destinations doivent comprendre
Pour l'industrie touristique mondiale, le principal enseignement à retenir est le suivant : Les voyages internationaux en provenance de Chine ne sont pas « retardés », ils sont en pleine transformation.
Plusieurs tendances sont désormais indéniables :
- La valeur plutôt que le volume : Les voyageurs chinois voyagent moins fréquemment mais de manière plus sélective.
- Des voyages plus courts et des destinations plus proches : L'Asie régionale en tire davantage profit que l'Europe ou l'Amérique du Nord sur de longs trajets.
- Dépenses discrétionnaires réduites : Le commerce de détail de luxe et l'hôtellerie haut de gamme sont les premiers à en subir les conséquences.
- Domination du voyage indépendant : Les voyages individuels continuent de remplacer les voyages de groupe, mais avec des budgets plus serrés.
- Sensibilité au risque : La rhétorique politique, les difficultés liées aux visas, les problèmes de sécurité et la volatilité des devises ont plus d'importance qu'auparavant.
Les destinations qui attendent passivement le « retour de la Chine » risquent de passer à côté de la nouvelle réalité. Celles qui adaptent leurs produits, leurs prix et leur communication à un consommateur chinois plus prudent s'en sortiront mieux.
Une année du Cheval de Feu — et un cycle du Feu
Au fil des saisons, le symbolisme culturel renforce l'anxiété économique.
Le Année du Cheval de Feu Elle débute le 17 février 2026 et clôt l'Année du Serpent de Bois. Se produisant seulement une fois tous les 60 ans, cette configuration associe le cheval – symbole de vitesse, de puissance et de bouleversement – à feu yang, représentant l'intensité et la transformation.
Le feng shui ajoute une autre couche : un Cycle de 180 ans divisée en neuf périodes de 20 ans. Depuis 2014, le monde est entré dans une nouvelle ère dominée par les incendies.
La dernière année de Fire Horse était 1966, lorsque la Révolution culturelle chinoise a commencé.
L'histoire ne se répète pas, mais en Chine, le symbolisme est primordial. Dans ce contexte, la frugalité, la retenue et la prudence émotionnelle actuelles ne relèvent peut-être pas du pessimisme, mais plutôt de la préparation.

Pourquoi cela est important pour le tourisme mondial
Pour les destinations, les compagnies aériennes, les hôtels et les détaillants du monde entier, la Chine demeure le principal marché émetteur. Mais la prochaine étape sera plus fructueuse. adaptabilité, réalisme et intelligence culturelle, et non pas de la nostalgie pour 2019.
Le premier quart du XXIe siècle a connu une croissance sans précédent. Le deuxième trimestre pourrait réserver une tout autre surprise : une ère plus lente, plus sélective et plus complexe sur le plan psychologique pour le tourisme chinois à l'étranger.
Ceux qui comprennent ce changement réussiront. Ceux qui ne le comprennent pas risquent de se retrouver à attendre un passé révolu.
SOURCE : Cotri Hebdomadaire



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