La principale vitrine touristique du Zimbabwe, le Foire commerciale internationale du Zimbabwe (ZITF) 2026, a une fois de plus mis en lumière le riche potentiel touristique du pays. Pourtant, derrière ces expositions dynamiques, ces manifestations culturelles et ces discussions sur l'investissement se cache une controverse grandissante qui menace d'éclipser les progrès du secteur.
L'événement a été inauguré par Leurs Excellences le Président Emmerson Mnangagwa et le Président du Botswana, Me Duma Boko. Des délégations du Japon et de l'Union européenne étaient présentes.

Cet événement annuel, qui se tient à Bulawayo, a attiré des exposants locaux et internationaux désireux de découvrir le paysage touristique en pleine évolution du Zimbabwe. L'édition de cette année a mis en lumière l'innovation dans de nombreux secteurs du tourisme, confirmant ainsi l'ambition du pays de se positionner comme une destination mondiale compétitive.

Au cœur du programme officiel du tourisme se trouvait la ministre du Tourisme et de l'Hôtellerie, l'honorable Barbara Rwodzi, qui a visité le stand de l'Office du tourisme du Zimbabwe (ZTA). Elle a échangé avec les exposants et les visiteurs, saluant la créativité, le dynamisme et la constance dont font preuve les organisateurs pour promouvoir la richesse de l'offre touristique du Zimbabwe.
Rwodzi a félicité les acteurs du secteur pour leurs efforts visant à promouvoir des destinations allant du tourisme animalier et patrimonial aux expériences culturelles et urbaines émergentes. Son message était clair : le Zimbabwe est ouvert au tourisme et prêt à rivaliser sur la scène internationale.
Toutefois, ce discours optimiste contraste fortement avec les critiques croissantes concernant le maintien en détention de l'ancien ministre du Tourisme, Walter Mzembi.

Les critiques s'inquiètent de plus en plus du rôle d'Emmerson Mnangagwa dans le maintien en détention de Walter Mzembi, laissant entendre que des motivations politiques pourraient être à l'œuvre. Mzembi serait toujours détenu depuis son retour au Zimbabwe en juin, après des discussions de haut niveau avec le gouvernement.
Le prononcé de la sentence de Mzembis, initialement prévu pour la mi-mai, est désormais suivi de près, tant au niveau national qu'international, car il pourrait constituer un test pour l'indépendance du système judiciaire zimbabwéen. Les observateurs du secteur touristique estiment que l'issue du procès pourrait avoir un impact considérable sur la confiance mondiale dans le pays, notamment au moment où le Zimbabwe promeut activement son image de destination stable et attractive pour les investissements et les voyages.
Mzembi, considéré par beaucoup dans le secteur du tourisme comme un « héros du tourisme zimbabwéen », serait détenu à Harare depuis près d'un an sans qu'une décision de justice claire n'ait été rendue. Son mandat de ministre du Tourisme a été marqué par une reconnaissance internationale, notamment par la co-organisation réussie par le Zimbabwe de l'Assemblée générale de l'Organisation mondiale du tourisme des Nations Unies en 2013.
Les critiques estiment que sa détention prolongée sans issue nuit à l'image même que le Zimbabwe s'efforce de projeter lors d'instances comme le ZITF. Pour un pays qui cherche à rétablir la confiance des investisseurs et des voyageurs internationaux, cette situation soulève des inquiétudes quant à la gouvernance, l'état de droit et la stabilité politique.
« Cette contradiction est flagrante », a déclaré un acteur du secteur touristique présent au ZITF. « D’un côté, nous présentons le Zimbabwe comme une destination accueillante et moderne. De l’autre, un pilier essentiel de notre réussite touristique reste incarcéré sans que la question soit résolue. Cela envoie des signaux contradictoires. »
Les observateurs soulignent que le tourisme ne se résume pas aux attractions et aux infrastructures, mais repose aussi sur la perception. Les visiteurs et investisseurs internationaux évaluent souvent le contexte politique et juridique d'un pays au même titre que sa beauté naturelle et son offre touristique.

La juxtaposition des festivités au ZITF et de la controverse entourant Mzembi a suscité un débat au sein du secteur touristique. Certains y voient une occasion manquée de promouvoir l'unité nationale par le biais du tourisme, tandis que d'autres y voient un problème systémique plus profond susceptible d'affecter la croissance à long terme.
Malgré les tensions, #ZITF2026 a indéniablement démontré le potentiel touristique du Zimbabwe. Des expositions innovantes à une forte participation de tous les secteurs, le salon témoigne de la volonté du pays de reconquérir sa place sur la carte touristique mondiale.
La question demeure cependant : le Zimbabwe peut-il pleinement réaliser cette ambition alors que des problèmes politiques et juridiques non résolus continuent de faire planer l'ombre ?
Alors que le pays se promeut à l'international, l'équilibre entre image et réalité pourrait s'avérer un facteur déterminant pour l'avenir de son industrie touristique.



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